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Roland.G
2006: "Un peu plus libéré"
[G.Serres
Sport24.com - 30/05/06]
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Bien
que tendu par l'enjeu, Gaël Monfils a franchi
le premier tour de Roland Garros contre Andy Murray
(6/4 6/7 1/6 6/2 6/1). Interview
Gaël, vous
avez pris un mauvais départ dans ce match
en étant mené 3/0, balle de 4/0.
Puis vous gagnez finalement 6/4. Comment cela
s'est passé ?
Gaël Monfils : Au début, ce n'était
pas facile. J'étais très tendu.
D'entrée, j'ai fait beaucoup de fautes
directes un peu bêtes. Derrière,
cela allait beaucoup mieux, j'ai pu installer
plus mon jeu. J'ai pris un peu plus confiance
en moi, j'ai pris plus mes marques sur le Central.
Au début, ce n'était vraiment pas
facile.
Murray jouait
en plus sur un faux rythme…
Gaël Monfils : Oui, son jeu n'est pas facile,
je n'aime pas forcément le jouer. Ce n'était
vraiment pas facile au début de s'habituer.
Ensuite, vous
perdez au tie-break. Le troisième set passe
très rapidement d'une façon un peu
bizarre d' ailleurs. Pouvez-nous nous expliquer
pourquoi ?
Gaël Monfils : Le tie-break, je ne l'ai pas
très bien joué. J'étais déjà
tendu. J'ai vraiment eu beaucoup de mal dans ce
tie-break. Au troisième set, j'étais
énervé d'avoir perdu le deuxième
set. Au troisième, cela a été
un combat avec moi-même. C'était
vraiment dur. Je voulais tellement bien faire
et terminer en trois sets si c'était possible,
sachant que je n'ai pas très bien joué
mon tie-break. Même s'il était un
peu blessé (Ndlr : au dos), ce n'était
pas facile, parce qu'il jouait quand même
des coups. Il ne courait pas trop, mais il jouait
des bons coups. C'était vraiment un combat
contre moi-même. C'était vraiment
dur. Ce troisième set est passé
rapidement. Je suis content d'avoir réussi
à remonter la pente. Je n'allais vraiment
pas bien dans ma tête à ce moment
là.
A quel moment
avez-vous compris que vous aviez passé
ce cap ?
Gaël Monfils : A un moment, j'ai mis ma serviette
sur ma tête, j'ai fait le vide. C'est la
première fois du match, cela a duré
une minute trente, je n'entendais plus de bruit
dans le Central. J'avais oublié le contexte.
Je me suis dit : "Ok, je fais une bourre avec
lui, je joue avec lui à l'entraînement,
je suis en train de l' avoir." Quand j'ai
retiré la serviette, il y a eu un coup
de soleil, je me suis dit : "C'est reparti."
Aviez-vous besoin
de dédramatiser cette entrée dans
le tournoi ?
Gaël Monfils : Oui, c'était cela.
Ce n'est pas facile. Ce qui s'est passé
dans ma tête, c'est l'envie de bien faire
devant ma famille qui était nombreuse aujourd'hui,
devant mes coaches, devant le Central, de voir
que l'on peut gagner son premier match à
Roland Garros. Même si je suis cool et zen
dans la vie, quand on arrive sur le court, ce
n'est pas facile de rester cool et zen. Cette
minute trente m'a beaucoup servi, m'a beaucoup
aidé.
Murray a plusieurs
fois râlé parce que vous aviez contesté
des balles...
Gaël Monfils : Moi, je ne lâche rien
! Quand on est tendu, on a toujours cette fâcheuse
manie d'être sûr de soi et de son
jugement. J'ai demandé deux fois. Il m'a
dit : "Il n'y a pas de marque." ! Je ne l'ai pas
fait pour déstabiliser Andy, mais pour
me rassurer parce que j'étais super tendu.
Si cela l'a gêné, je m'en excuse.
Avez-vous réussi
à prendre du plaisir lors de ce match,
pour vore première sur le Central ?
Gaël Monfils : Au cinquième set. Avant...
Même à 3/1... Franchement, c'était
dur. Au cinquième, on sait que l'on a gagné,
mais il courait encore moitié, il faisait
encore des coups. On ne s'amusait pas trop. On
essayait de la remettre. Les conditions sont dures,
il fait froid, il y a du vent. Tu as envie de
lui dire d'abandonner, puisqu'il est blessé
: pourquoi continuer à me torturer autant
? (rires) C'est à 4/1, double break, que
je me suis dit : "C'est plié, c'est bon."
Là, j'ai vraiment commencé à
prendre du plaisir.
Il semble que
vous ayez peut-être envie d'être sur
un court moins grand lors de votre prochain tour
?
Gaël Monfils : Ce n'est vraiment pas le court,
c'est le contexte surtout. L'année dernière,
j'avais pris une claque d' entrée.
C'est gagner ce premier tour à Roland Garros
dans ma carrière qui est dur. Que le court
soit grand ou petit, c'était pareil. C'était
de se dire : "On passe un tour à Roland
Garros." C'est formidable. J'aime bien quand il
y a pas mal de monde. Cela m'a aidé. Ils
m'ont remonté. Ils se sont exprimés,
cela m'a beaucoup aidé. Ce n'est pas forcément
le court.
Après
ce premier obstacle franchi, vous vous sentez
libéré ?
Gaël Monfils : Des joueurs attendent plus
longtemps que moi avant de gagner un premier tour
ici. Je suis donc un peu plus libre. Mais, c'est
juste aujourd'hui. Je suis déjà
concentré sur mon deuxième match.
Aujourd'hui, je me laisse un peu aller, mais pas
tant que cela. Après-demain, c'est reparti,
il faudra de nouveau jouer.
Votre prochain
match, c'est Dirk Norman, le plus vieux joueur
du tableau avec un jeu atypique…
Gaël Monfils : Oui, je l'ai joué en
match par équipe en interclubs. Je vois
comment il joue. Il sert super bien. C'est un
grand gaucher. Cela va être un match totalement
différent. Je m'attends à un gros
match. Souvent, dans ces matches, on a l'impression
d'être favori. Mais il faut toujours être
concentré contre ce genre de joueurs. Je
m'attends à une grosse bataille mentale.
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